France Cybersecurity Challenge – Un défi qui rassemble tous les talents !


Encore quelques jours avant le lancement du CTF France Cybersecurity Challenge, première étape pour la sélection de la future équipe nationale, qui participera à la nouvelle édition de l’European Cybersecurity Challenge. Pour vous permettre de patienter encore un peu, l’ANSSI donne la parole à tous les acteurs qui participent à ce grand projet.
2020 - FCSC - logo

« Pour la 3e année consécutive, l’ANSSI soutient l’équipe de France lors de sa participation au Challenge Européen de Cybersécurité (ECSC).
Notre but : démontrer que notre pays tient sa place dans le domaine de la sécurité numérique en Europe. Un message qu’incarnent déjà chaque jour les experts et les professionnels du domaine, mais qui est aussi partagé par la nouvelle génération de passionnées et de passionnés, qui se révèle tous les ans à l’occasion de ce challenge.

Elle ne manquera pas de faire la démonstration de ses talents face aux épreuves préparées par nos agents pour la compétition nationale, le France Cybersecurity Challenge (FCSC), qui représente la première étape des sélections nationales.
Alors qu’il s’apprête à ouvrir ses portes, notre CTF rassemble déjà des milliers de talents, vétérans ou jeunes espoirs. Parmi eux, une dizaine de participants seront finalement sélectionnés pour rejoindre l’équipe de France, qui nous représentera toutes et tous lors de l’ECSC.

L’agence, et avec elle l’ensemble des acteurs de la cybersécurité, est fière de soutenir et d’emmener cette équipe, qui nous représentera toutes et tous.
Cette rencontre européenne est aussi un grand moment de partage, qui nous rappelle que nos valeurs dépassent les frontières. Avant de lancer le France Cybersecurity Challenge, qui débutera le vendredi 24 avril, nous laissons donc la parole à tous les intervenants, qui sont réunis autour de ce projet et participent déjà à son succès.

Bon CTF à tous et surtout amusez-vous ! »
Guillaume Poupard, directeur général de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information

Pour en savoir plus sur le FCSC, et toutes les modalités de participation, rendez-vous sur la plateforme officielle du CTF de l’ANSSI.

Les conceptrices et concepteurs d’épreuves

Afin de garantir la qualité des épreuves proposées pour le FCSC et réaliser un CTF à la hauteur des attentes, l’ANSSI fait appels aux meilleurs experts : ses propres agents.

Louiza et Mélissa
Expertes au laboratoire cryptographie de l’ANSSI

Etes-vous familières des CTF ?

Louiza : Je fais des petits challenges occasionnellement, sur rootme par exemple, mais sans me considérer comme une experte en la matière.

Mélissa : J’aime beaucoup le concept des CTF, que j’ai découvert tardivement à l’occasion d’un stage. Mes encadrants m’avaient alors encouragée à me consacrer entièrement à un CTF lié à mes travaux. Je m’étais éclatée. On y retrouve les mêmes sensations que pour un casse-tête ou un escape-game, c’est à la fois ludique et gratifiant de trouver la solution.

Pourquoi avoir participé à la conception des épreuves du FCSC ?

Louiza : Un collègue nous a proposé de participer à la création des épreuves du FCSC et j’ai tout de suite trouvé l’idée amusante. Le côté ludique des challenges me plaît beaucoup: on peut présenter un sujet à priori complexe sous un point de vue différent, sans perdre de vue l’aspect compétitif de la démarche. Pour y parvenir, il faut se mettre à la place du participant et rendre la recherche intéressante. C’est comparable à la conception d’un petit jeu vidéo, c’est toujours drôle !

Mélissa : J’aurais beaucoup aimé que ce type de challenge existe quand j’étais adolescente. J’étais déjà fascinée par la programmation et toutes ses possibilités. Mais je n’avais pas beaucoup de ressources pour m’amuser, à part le « site du zéro ». Je suis aujourd’hui ravie de participer à cette expérience en proposant à toutes et tous des épreuves pour le FCSC.

On entend souvent dire que la cybersécurité est un milieu masculin. Un message pour les futures concurrentes du FCSC ?

Louiza : Les femmes sont encore trop peu nombreuses à s’orienter vers des carrières dans le domaine de la cybersécurité, ou même de l’informatique ! Nous participons activement avec Mélissa à des initiatives pour promouvoir la programmation, et plus généralement les sciences, auprès des lycéennes.
La situation évolue cependant et l’on retrouve de plus en plus des intervenantes à l’affiche de grandes conférences dédiées à ces domaines, et plus particulièrement à la cryptographie.

Mélissa : Le challenge participe, je l’espère, à promouvoir l’égalité dans les métiers de la cybersécurité. J’ai la conviction que nous partageons tous cette responsabilité. J’encourage d’ailleurs toutes les jeunes filles intéressées à participer et à se libérer de toute hésitation : ce challenge est fait pour vous ! Vous pouvez le faire !
En plus de la sélection de l’équipe nationale, le FCSC est aussi une bonne initiation au monde de la cybersécurité. J’espère que certaines y prendront goût.

Les participantes et participants au FCSC

Ils sont déjà plus d’un millier, professionnel(le)s, néophytes ou étudiant(e)s, prêts à relever les défis proposés par le FCSC. Parmi eux, certains auront aussi la chance de rejoindre l’équipe de France pour l’ECSC.

Mi
Étudiante

D’où te vient ton intérêt pour la sécurité numérique ?

J’ai assisté à une intervention sur les métiers du numérique et ça a été le déclic ! Depuis je fais tout pour progresser dans le domaine, tout en développant mon intérêt pour la sécurité. L’entraide est une valeur généralement partagée au sein de la communauté de la sécurité numérique et j’ai rencontré de nombreuses personnes, qui m’ont accompagnée et encouragée pour persévérer dans ma démarche.

Participes-tu régulièrement à ce type de challenge ?

Je fais des CTF dès que j’en ai l’occasion, avec mon équipe ou des amis. J’ai une préférence pour les épreuves spécialisées en réseau et en forensic. Certains proches m’ont également transmis leur gout pour les challenges de programmation, que je réalise avec leur aide.

Pourquoi relever le défi du FCSC?

J’ai participé pour la première fois à ce CTF en 2019. Si je tente à nouveau l’expérience, c’est avant tout pour continuer d’apprendre et de progresser en réalisant de nouveaux challenges. C’est aussi l’occasion d’échanger avec d’autres candidat(e)s qui partagent cette passion.

Un message pour les autres concurrents(e)s ?

Si ça fonctionne, on ne touche pas.

Les anciens joueurs de l’équipe de France

Pour la 3e année, la France s’apprête à aligner une équipe à l’occasion de la compétition européenne de l’ECSC. Une expérience toujours marquante pour les joueurs qui rejoignent la Team France.

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Areizen
Capitaine de l’équipe de France pour l’ECSC 2019

Peux-tu revenir sur ton poste de capitaine de la Team France?

Pendant l’ECSC, le rôle du capitaine est fondamental ! Il s’agit à la fois de prendre en compte le profil et le caractère de chacun, pour s’assurer de la bonne complémentarité des profils au sein du groupe. La cohésion est la clé pour se mesurer à cette compétition, et elle est parfois mise à rude épreuve dans le feu de l’action. Il appartient au capitaine de s’assurer de la bonne communication de l’équipe et de la coordination de tous les efforts. Et pour ça l’anticipation ne fait pas tout ! ll faut aussi être à l’écoute de ses coéquipiers et savoir s’adapter rapidement aux surprises et aux imprévus !
Il doit enfin représenter en toute occasion son équipe et maintenir le moral des joueurs sur la durée, pour s’assurer de passer ensemble la ligne d’arrivée dans les meilleures conditions.

Que t’as apporté cette expérience ?

Le capitaine n’a pas le temps de « Flaguer ». Ce ne sont donc pas mes compétences techniques que j’ai le plus sollicité. En revanche j’ai pu en mettre de nouvelles à profit concernant le management et la gestion de crise, et elles me sont bien utiles aujourd’hui. Mais l’ECSC, c’est aussi une expérience humaine, où s’exprime la solidarité propre à ce genre de compétition. Si je ne connaissais au début qu’une partie des joueurs qui ont intégré notre équipe, nous avons tous gardé contact depuis et continuons à participer ensemble à des CTF, souvent avec succès !

Un conseil pour la prochaine équipe de France ?

La force d’une bonne équipe, c’est sa cohésion et sa motivation ! Allez-y avant tout pour vous amuser et restez soudés !

Les entraîneurs de l’équipe de France

Grâce à l’investissement d’entraîneurs passionnés, l’ANSSI sélectionne, accompagne et prépare chaque année les membres de l’équipe de France pour l’ECSC.

FCSC - Avatar - \J

\J
Expert au laboratoire de cryptographie de l’ANSSI

Qui sont les coachs qui vont entraîner la TeamFR ?

Les coachs sont des professionnels du monde la sécurité informatique. Ils travaillent tous au sein de différents bureaux de l’ANSSI. Leurs expériences en tant qu’expert, chercheur, auditeur, reverser, etc… seront bien utiles pour transmettre leurs connaissances aux futurs membres de la TeamFR.

Quels sont les critères pour sélectionner les membres de l’équipe nationale ?

L’équipe nationale qui représentera la France à l’ECSC 2020 se composera de 10 joueurs, âgé(e)s de 14 à 25 ans. Le choix se fait bien évidemment sur la base de leurs connaissances techniques et de leurs spécialités, mais également sur leurs qualités humaines et la capacité à travailler en équipe, à communiquer et à gérer la pression. Il est par ailleurs très important que toutes les disciplines techniques soient représentées au sein de l’équipe, sans que tous les membres soient nécessairement experts dans tous les domaines.

Un mot pour les candidats avant l’ouverture des épreuves ?

Rejoindre la TeamFR est une très bonne expérience, alors donnez tout ce que vous avez pour vous qualifier ! Au-delà de la compétition, j’espère que vous profiterez de cette occasion pour passer du bon temps et apprendre de nouvelles choses pendant cette période de confinement.
Bonne chance et bon courage à tous les participants ! GLHF!

La « Team Leader »

L’ECSC s’inscrit dans une démarche européenne qui implique plus de 20 pays. Sa préparation et la coordination entre tous les acteurs nécessitent un grand travail de préparation tout au long de l’année.

ECSC - avatar - staff

Anne-Charlotte
Cheffe du bureau relations presse et communication de crise à l’ANSSI

Quel est le rapport entre le FCSC et l’ECSC ?

Le France Cybersecurity Challenge (FCSC) est la compétition nationale qui nous permettra de sélectionner les membres de notre future équipe française. Composée de dix joueurs, cette équipe représentera ensuite la France lors de la compétition européenne, le European cybersecurity challenge (ECSC) qui rassemble une vingtaine de pays européens.

On a créé le FCSC cette année pour valoriser davantage la première phase de sélection nationale ouverte aux 14-25 ans, mais aussi, pour les pré-sélections, aux curieux qui souhaitent résoudre les épreuves en hors catégorie. L’autre particularité du FCSC est la conception 100% ANSSI des épreuves grâce à la mobilisation de nos experts !

L’ECSC est de son côté une excellente occasion de se confronter à des joueurs de divers horizons et de se frotter à des épreuves variées, avec un programme ambitieux cette année mêlant du CTF « jeopardy » et de l’attaque-défense.

Quel est ton rôle dans l’organisation de ces Challenges ?

Je suis « Team leader », en charge du pilotage de l’organisation du FCSC et de la participation française à l’ECSC, aux côtés des coachs et des équipes de l’ANSSI impliquées dans ces projets. Il s’agit de suivre les aspects logistiques, budgétaires ou encore juridiques nécessaires à la mise en œuvre de ces challenges, de la sélection au déplacement à Vienne cette année, en passant par l’entraînement de l’équipe. Par ailleurs, je m’occupe également de la promotion des deux événements, en lien avec les équipes communication de l’agence.

Comment s’organise l’ECSC ?

L’ECSC se prépare toute l’année. En plus de la sélection de la Team France, je participe avec les coachs aux réunions préparatoires regroupant les autres Team leaders ainsi que l’ENISA, l’agence européenne de cybersécurité qui coordonne les échanges.

Chaque année un pays différent accueille la compétition et présente aux participants le programme prévu : la nature des épreuves, les lieux de la compétition, etc. On détermine ensemble les règles de l’ECSC : le calcul des scores, le règlement intérieur, etc. C’est une organisation titanesque pour le pays hôte qui accueille plus de 250 personnes pour l’évènement !

Le Centre de formation à la sécurité des systèmes d’information

La pratique des CTF est-elle complémentaire des formations aux métiers de la SSI ?

Il est indéniable que les CTF font partie de la « culture » de la SSI. Ils représentent même, pour nombre de futurs professionnels, une première approche en la matière.

La cybersécurité est une discipline d’application qui intègre « naturellement » l’exigence d’une mise en pratique, d’une confrontation au réel, à l’état de l’art et des pratiques.

Si les CTF se développent, c’est qu’ils sont à la fois appréciés des étudiants et des employeurs, qui y voient une bonne préparation à l’entrée sur le marché du travail.

Par ailleurs, nous observons dans la communauté Secnumedu [Lien], que les épreuves compétitives et collectives sont parfois intégrées au sein des cursus de formation. Plus généralement, les étudiants sont souvent encouragés à se familiariser avec ces exercices, en fonction des domaines de spécialité des formations mais aussi de « l’histoire pédagogique » des établissements.

Les CTF sont-ils formateurs pour de futurs professionnels de la SSI ?

Grâce à des épreuves immersives et ludiques, les étudiants éprouvent leur capacité à mobiliser leurs connaissances dans des conditions particulières (compétition-coopération, temps contraint, raisonnement par problèmes). Ils développent ainsi des « soft skills », tels que la capacité à coopérer, la résistance au stress, la ténacité, la rapidité, ou encore l’astuce. C’est sans doute ce qui fait leur succès.

Les CTF, plus ou moins réalistes ou techniques, sont ainsi complémentaires des enseignements académiques, tant en ce qui concerne les « contenus » des apprentissages que de la capacité à les évaluer.

Mais ces challenges peuvent également comporter des limites (primes à la rapidité et au résultat, valorisation de l’attaque par rapport à la défense, place de l’intuition) et doivent venir en complément des enseignements plus classiques, qui structurent et ordonnent les compétences qu’un professionnel de la SSI doit posséder.

Partagez vos témoignages sur les réseaux sociaux avec #FCSC2020 ou sur le salon public dédié à la compétition.